Marc Lebel

"Les Te Deum d'un enfant de coeur"

Accueil | Contact-Commentaires | Table des matières

vendredi 27 février 2009

La poésie

Il suffit parfois de ne pas y prêter attention
On peut même tourner la tête un peu
Juste comme ça
Comme pour jeter un regard oblique
Et de faire comme si rien de spécial ne se passait
Et pourtant elle est là

La poésie est plus que la vie

Elle s’y cache dans les moindres replis
Elle se faufile dans les faux-fuyants de la ville
Elle se dissimule dans son tumulte
Elle se dérobe aux regards des yeux hagards
Elle se tait dans le brouhaha qui va cahin-caha
Elle se camoufle dans la mistoufle
Elle se déguise à sa guise
Elle se niche sans les sanglots qui pleurnichent
Elle se voile dans les toiles

Il suffit de peu pour l’apercevoir et la cueillir
Pour l’accueillir
Et la faire fleurir
Sur une fleur de papier

Elle se mêle tant à la vie
Que peu la voient et l’entendent

Car elle parle aussi
Tout bas
Comme un murmure
Une complainte
Ou plutôt
Une berceuse
Qui nous chante à l’oreille
«Vis !»

vendredi 13 février 2009

Je n’ai rien fait d’autre

J’ai commencé cela dès ma naissance
Dans ma vie, je n’ai rien fait d’autre
Nourrisson, cela se faisait tout seul
Bambin, je ne m’en apercevais pas
C’est à l’école que je m’en suis rendu compte
Alors, j’en ai profité.
Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de remplir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre
Et à la fenêtre, je n’ai rien fait d’autre
Puis, on m’a vraiment éduqué
Il me fallait devenir un homme
Mais encore là, je n’ai rien fait d’autre
Tous les rosa rosa rosæ
Qu'on nous apprend à décliner
Ne vaut-il pas mieux les compter
À la fenêtre
Plus tard, le travail m’a usé
Le travail a pris toute la place
Et moi, qui n’avais rien fait d’autre
On aurait dit que je le faisais plus vite
En réalité je le faisais mal
Je l’avoue
Depuis ma naissance je prends de l’âge
Juste comme cela, chaque seconde, chaque minute
Chaque heure, et un peu chaque jour
Et toute ma vie je n’ai fait que cela
J’ai bien tenté de me mettre du temps de côté
Pour mes vieux jours
Comme le sable, il coulait entre mes doigts
Quand je serai vraiment vieux
Quand je n’aurai que cela à faire
Prendre de l’âge
J’espère seulement qu’on me roulera
À la fenêtre
Pour voir passer le temps

dimanche 8 février 2009

Peut-être


Source : terracoustik.over-blog

Peut-être que ce monde
N’est qu’une illusion
Un rêve ou un cauchemar

Lire la suite

vendredi 6 février 2009

Cryogénial

J’ai toujours été un visionnaire et fait confiance à la science.
Si vous me voyez comme je suis
C’est que j’ai opté pour la cryogénie
La vitrification par le froid
C’était il y a cent ans !

Comme vous me voyez
Peut-être que je porte encore mon bracelet
Pas d’autopsie
C’est que j’ai refusé l’enterrement pur et simple
(je n’aime que les vers poétiques)
Et l’incinération qui laissait froid !

Mais ce n’est pas mon corps qui m’inquiète
C’est mon identité et mes souvenirs
Car je suis un poète
Un cueilleur d’instants
Que je mets dans ma besace
Pour mieux les faire revivre
Par mes mots

Si vous me voyez comme je suis
C’est que moi-aussi
Je voudrais revivre
Non pas de façon égoïste
Mais pour partager ma poésie
Car j’ai bien peur qu’en 2108
Il n’en reste plus beaucoup

D’ici là, j’espère que moi et mes semblables
Qui avons opté pour la cryogénie
Resterons bien au frais
À l’abri du réchauffement de la planète.

mardi 20 janvier 2009

À qui de droit

Slam présenté à l'AgitéE, le 19 janvier 2009

Je viens de faire le ménage de ma maison.

Lire la suite

mardi 16 décembre 2008

Salut la gang !

Slam présenté à l'AgitéE, le 15 décembre 2008

Appelez-moi Paul

L'amour, l'amour, l'amour, l'amour

Tout ce qu'il te faut, c'est l'amour
T’as besoin que d'amour
L’amour, c’est tout ce dont t’as besoin

Lire la suite

dimanche 16 novembre 2008

Dans mon village


Source : www.blconsultant

Dans mon village
La rivière coule doucement
Et varie ses humeurs
Au gré des saisons

Lire la suite

samedi 1 novembre 2008

La Toussaint


Source : www.photosmax.com

Est-il vrai que le ciel existe

Lire la suite

vendredi 31 octobre 2008

Un mot

Les mots sont les amis des poètes
Il en est des petits, des grands, des ronflants

Lire la suite

lundi 27 octobre 2008

Chœur des chaises


Source: lunettesrouges.blog.lemonde.fr

Nous les chaises
Nous portons le monde
Nous sommes le siège de la création
Et quand il s’assoit sur nous
Le monde s’élève

Lire la suite

jeudi 23 octobre 2008

Mais si simple est le jour


Source : coloriage.mobi

Mais si simple est le jour
Quand le soleil danse dans le ciel

Lire la suite

mardi 21 octobre 2008

Au commencement

Slam présenté à l'AgitéE, le 20 octobre 2008




Souce: www.eternelpresent.ch

Au commencement était le verbe
Et le verbe s’est fait cher

Lire la suite

La fourmi ou Dialogue en pleine nuit

Slam présenté à l'AgitéE, le 20 octobre 2008


Source: seclin.tourisme2.free.fr

Hiiiii !
Pourquoi tu cries ?
Une fourmi !

Lire la suite

dimanche 19 octobre 2008

Parfois nous rêvons


Source : www.blog.orange.fr

Parfois nous rêvons
Sans même dormir
Il suffit de fermer les yeux
Et parfois même pas
Nous sommes dans la lune

Lire la suite

jeudi 16 octobre 2008

Tout s’allège


Source: www.wibweb.info

Tout s’allège
Dans le temps qui passe
La peine, la douleur
La joie, le bonheur

Lire la suite

dimanche 12 octobre 2008

Trois pommes


Gustave Courbet, Trois pommes rouges, 1871, Musée d'Orsay, Paris.
Source : evelynej.unblog.fr

Trois pommes sont assises sur un banc.
Elles attendent les passants.

Lire la suite

mercredi 8 octobre 2008

À mes funérailles

Slam présenté à l'AgitéE, le lundi 6 octobre 2008

À mes funérailles
Pas de noir
Qu’on rit, qu’on raille
Qu’on ait un fun noir

Lire la suite

jeudi 19 juin 2008

Obama : Yes, oui, canne... (Slam politique bilingue)

Slam présenté à l'AgitéE le 17 mars 2008

Nos voisins, les États-Unis
Sont les rois de la démocratie
Je ne sais pas si vous suivez les primaires
Mais y de quoi nous distraire
Mais il y a quelque chose que j’ comprends pas
Dans le discours de Obama

Lire la suite

mercredi 18 juin 2008

Je suis le poète de rien

Slam présenté à l'AgitéE le 16 juin 2008

Je suis le poète de rien
Je ne suis pas volontiers verbeux
Je me tiens loin des café herbeux

Lire la suite

mardi 17 juin 2008

Stances à Alberte pour quitter un lieu mal famé

Slam présenté à l'AgitéE le 16 juin 2008

Alberte, écoute, je suis au boutte
Ici, tout me dégoutte
Ne fais pas ces babines de babouin
Cesse ce babil de bébé bébête
Et abandonnons ce bar de barbares dubitatifs

Lire la suite

mardi 8 avril 2008

Le travail du poète (À Michel Pleau)

Le poète n’était pas à son travail
Il n’avait pas pris congé
Il écrivait sans doute chez lui
Entouré de ses dictionnaires
Effilant son crayon
Sirotant son café ou sa bière
(Pourquoi pas sa tisane ?)
Plongeant dans ses souvenirs
Dans ses émotions
Dans son vécu (ça c’est quelque chose)
Appelant à lui les mots qui font image
Les griffonnant un à un sans son cahier

Mais au travail, pas de poète
Les apprentis-poètes laissés seuls
Suaient malgré tout sur leur pupitre
Dans ce local du vendredi
Où nul «C’est fort ! C’est fort ! C’est fort !»
Ne venait briser la monotonie

Le poète ne travaillait plus

L’absence du poète faisait mal
Personne ne parlait plus d’anthologie
Aucun écho de La Pléiade
Et le café de la pause
Devint tiède et fade

Dieu du ciel et de la terre
Si tu existes autant que moi
Rends à notre poète la santé
Et remets-nous le au travail.

mardi 18 mars 2008

Tu aimes la poésie

Slam présenté au bar l'AgitéE le 17 mars 2008

Tu aimes la poésie, j’aime ta peau aussi
Ta peau qui t’embellit
Ta peau comme folie
Ta peau qui se délie pour commettre un délit
Et qui me laisse démoli quand mon cœur faiblit

Ta peau, peau sur peau
Ta peau contre la mienne
Ta peau qui m’enveloppe
Ta peau, qu'à cela ne tienne
Moi, je te développe
Mais ni l’œuf, ni l’enveloppe, je ne prendrai rien
Rien d’autre que toi, ma poule aux yeux d’or
Je ne veux que ton corps
Que tes seins, que tes reins
Que tes petits riens, tes petits mots doux
Qui me collent à la peau
Tes mots, tout bas, collants
Car tu es un poème vivant
Et, pour toi, j’aime me faire poète
Pour te faire des pouets pouets
Tu aimes la poésie, j’aime ta peau aussi
J’aime ton front, tes seins, ces fleurons glorieux
J’aime ton cou qui sait porter la croix
Et ta joie en est une des pas pires
Quand tes jambes se déploient
Quand elles réclament mes exploits !
Quand vaincu enfin ton sexe ploie !
Quand, mignonne, nous allons voir s’il est rose
Et qu’il explose derrière la porte close

J’aime ta peau blanche comme neige
Ah, comme la neige a neigé, sur toi Blanche-Neige
Ma Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
Qui ne fait pas la moue, aux plaisirs excessifs

J’aime le son que font
Mes grelots cons de mouton de Moncton
Qui laisse à mon cœur une douceur autochtone

J’aime ta peau tendre, j’aime entendre
Le chant de ton corps, le soir au son du hautbois
J’aime m’étendre près de toi et me détendre dans tes bras
J’aime ta peau, j’aime y faire courir mes mains
Mes mains qui courent jusqu’à demain
Qui suspendent le cours des heures propices
Pour te manger tout rond comme un pain d’épices
Ou comme une biscotte de sésame
Que je bécote, sirote, grignote en m’écriant : «Sésame, ouvre-toi !»
Ouvre-moi ta grotte pour l’amour du jeu

Qu’il est rigolo mon picolo
Mon serpent qui siffle sur ton slip
Qui rêve d’un grand slam de Stumpf sur ton string
Mon picolo qui te prépare un coup de sling-shot
Par les soirs bleus d’été quand il va se promener
Quand tu lui tends tes lèvres frileuses
Et qu’il attend, tout de fièvre, une fin heureuse
Quand tu le fais chanter enfin comme flûte de pan
Et que dans des mains blanches tu lui fais faire pan-pan

Oh muse, prête-moi ton lit et me fasse baiser…
Car, tu aimes la poésie, et j’aime ta peau aussi

samedi 1 mars 2008

Comment se peut-il ?

Comment se peut-il ?
Suis-je poète ou non ?

Si je suis poète, cela ne se peut pas
Sinon, je me pardonne.
Alors la question est réglée.

Un devoir de poésie !
Allez donc !
La poésie n’est pas un devoir
Et le travail du poète
N’est pas de travailler.

Alors
Je ne ferai pas de devoir
Qu’on se la tienne pour dite
(Non, ce n’est pas une faute
C’est un clin d’œil aux féministes
Surtout celles de la langue française
Car moi, quand je dis «la»
Je ne parle que de ma phrase)
Oui !
Qu’on se la tienne pour dite

Alors, pas de devoir
Et surtout pas de leçon
Pas de récitation
Rien du genre :
Un loup n’avait que les os et la peau
Tant les chiens faisaient bonne garde

Non, non, non et re-non
Pas de devoir de poésie
La poésie ne doit rien à personne
La poésie est libre

Et moi aussi…

mardi 26 février 2008

Laisse-moi


Source : Tableau d'Irénée Lemieux
Reproduit avec l'autorisation de la famille

Laisse-moi te dire
Ces êtres sans visages
Les paupières absentes
Les rêves dissouts
Les pensées envolées

Lire la suite

lundi 25 février 2008

Sur une musique de Purcell


Henry Purcell
Source : www.hoasm.org

Ta musique vient du ciel
Chaque note descend sur moi
Goutte à goutte
Comme une pluie symphonique

Mon âme s’élève

Ta musique m’appelle
Irais-je jusqu’à toi
Plus haut que l’au-delà

Ta musique est un flot de lumière
Un rayon de soleil
Perçant le vitrail d’une cathédrale
Un jet de clarté
Qui touche mon cœur

Ta musique m’appelle
Irais-je jusqu’à toi
Plus profond que l’éclat qui brille

Ta musique danse comme l’encens
Elle m’enveloppe le corps
Diffuse comme un parfum de femme

Ta musique m’appelle
Irais-je jusqu’à toi
Plus loin que les effluves célestes

Oh ! Prête-moi ta musique.