Marc Lebel

"Les Te Deum d'un enfant de coeur"

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vendredi 29 juin 2007

Histoire de chanson ou Québec (La chanson en escalier)

Voici ce qu'était ma proposition de chanson-thème pour le 400e anniversaire de la ville de Québec.

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vendredi 23 décembre 2005

Toutes mes compositions sur cette page...

Il fut un temps où je fus chansonnier. Voici les paroles de mes chansons...

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lundi 12 février 1996

Apprendrons-nous

Refrain:

Passent les jours et les semaines
Nous connaissons bonheur et peine
Passent les mois, les saisons, les années
Apprendrons-nous enfin à nous aimer

Chacun de nous venant sur terre
N'est qu'au départ qu'un brin de chair
Un petit cœur doté du genre humain
Cherchant l'amour à l'aube de son destin

Et puis chacun à sa manière
On part le coeur en bandoulière
Et on se fait des amis des copains
Qui empruntent parfois d'autres chemins

Un jour pourtant le coeur se serre
L'amour est là dans la lumière
Pour qui dès lors chanteront les lendemains
Et qui hélas en viendront aux mains

L'amour souvent est un mystère
Au demeurant, une chimère
Que l'on poursuit dans une quête sans fin
À nous aimer, apprendrons-nous enfin

(Paroles et musique: Marc Lebel)

vendredi 12 janvier 1996

Si j'étais roi

(Ou : Petite chanson pour toi)

Si j'étais roi
Te couvrirais de richesses
Mais je suis moi
Et te couvre de caresses

Si j'étais prince
Irais te serrer la pince
Mais je suis fou
Et t'embrasse tout partout

Preux chevalier
Veillerais sur ta chasteté
Mais sans armure
Me glisse sous tes couvertures

Grand chambellan
T'érigerais un monument
Mais troubadour
Te chante et te fais l'amour

Si j'étais roi
Te couvrirais de richesses
Mais je suis moi
Et te couvre de caresses

Paroles et musique: Marc Lebel

lundi 12 septembre 1994

Mon coeur est un petit navire

J'ai navigué dans tous les ports
J'ai accosté dans tous les bars
J'ai pris des femmes dans les mains
C'est connu les femmes aiment bien les marins

Chaque fois, j'ai repris la mer
Mais l'autre jour, j'ai découvert
Qu'était cachée comme un voleur
Dans le mil de mon cœur une petite fleur

Refrain: 	
Mon cœur est un petit navire
Qui tangue et roule et qui chavire
Dans un océan de bonheur
Que m'a laissé une petite fleur.

Ma petite fleur est une femme
Qui m'a foutu le vague à l'âme
Moi qui n'étais qu'un malappris
C'est moi qui l'ai cueillie mais c'est elle qui m'a pris

Depuis ce temps sur la mer bleue
Je navigue mi-malheureux
Et mi-content d'avoir connu
Cett' p'tit fleur que peut-être je ne reverrai plus

Au refrain

Le soir descend monte l'étoile
Mon rêve alors lève la voile
Il conjure la destinée
Que ma p'tit fleur me soit un beau jour ramenée

Que le bon Dieu la protège
Du froid du vent et de la neige
Enfin s'il est un peu d'accord
Qu'elle m'aime toujours et qu'elle m'aime encor

Au refrain

mardi 12 octobre 1993

Chanson des retraités

Comme dirait Jules Fontaine, il faut bien travailler
Un matin on se lève, la retraite a sonné

Refrain: 	
Il y a longtemps que j'y pense
Enfin elle est arrivée

Alors on se demande: «Bien! Par où commencer?»
Voilà qu'on nous invite à une petite soirée

Y' aura les vingtenaires, qu'on voudra célébrer
On leur fera la classe des futurs retraités

Puis on fera la file pour aller tous manger
C'est l'heure de la soupe, faut pas se bousculer

Y en aura pour tout le monde, jusqu'au petit dernier
Si on veut une bouteille, alors faudra payer

Après à la Margelle on pourra venir danser
A moins d'être cul-de-jatte, ce sera une belle soirée

Paroles: Marc Lebel Musique traditionelle Air: À la claire fontaine

Chanson des vingtenaires

Ça fait 20 ans
Que j'travaille au collège
Tous les matins
Je cherche un stationnement
Est-ce par hasard
Ou est-ce un sortilège
De jour en jour
Y a plus d'autos qu'avant

J'prends mon café
Puis je m'en vais en classe
Ou au bureau
Cela dépend comment
De jour en jour
Mon Dieu que le temps passe
À Sainte-Foy
Ça fait déjà 20 ans

Moi qui croyais
Demeurer une jeunesse
Ah! je vois bien
Qu'on ne trompe pas le temps
Quand on est jeune
On se fait des promesses
Des vœux pieux
Paroles de débutants

Mais peu à peu
Au fur qu'on prend de l'âge
Ou bien du poids
Cela dépend comment
On voudrait bien
Être de l'équipage
Des retraités
Sans attendre 20 ans

Musique sur l'air de «J'avais vingt ans».
Chanson popularisée par Fernand Gignac au Québec et internationalement par Tino Rossi.
Paroles originales: Jean Tavéro.
Musique: Camille Devos.

jeudi 12 mars 1992

Demain dès l'aube (Victor Hugo)

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends
J'irai par la fôret, j'irai par la montagne
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées.
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Paroles: Victor Hugo (Les contemplations)
Musique: Marc Lebel

Conseil de maman

Ma mère n'avait presque pas d'instruction
Et pourtant elle avait bien du jugement
J'vous dis quelque soit la situation
Elle usait toujours de son gros bon sens

Elle tenait tête à tout représentant
Qui voulait lui imposer un produit
Toujours directe toujours polie pourtant
Elle lui disait de s'en acheter pour lui

Refrain

Un homme déshabillé
Que t'imagines en train de trôner
Ne t'en fais pas mon petit bonhomme
Ce n'est plus le même homme

Si on parlait de la reine d'Angleterre
Que d'aucuns prenaient pour le chef d'État
Maman nous lançait ce bref commentaire
«Comme chef de famille quel est le résultat? »

Et si un autre parlait de politique
En nous promettant des routes et des ponts
Elle qui connaissait déjà la musique
Disait «Tiens, voilà bien un autre fripon.»
Conseil de maman

Elle faisait fi du curé du village
Qui nous menaçait du haut de sa chaire
Elle nous disait que c'est pas à son âge
Qu'on risque de se retrouver en enfer

Voici qu'un jour le village est en liesse
C'est l'année Sainte, le Cardinal Léger
Vient faire un tour, il dira la messe
Je suis malade elle préfère me langer

À vrai dire je ne connais pas personne
Qui aurait pu lui faire changer d'idée
Quand je dis ça, je sais, mon cœur frissonne
Il me reste un point à élucider

Devant mon père elle courbait la tête
Un peu plus elle se mettait à genoux
L'amour des fois je me dis que c'est bête
À tout le moins tel que vécu chez nous

mercredi 12 février 1992

Un homme passe sous la fenêtre et chante (Louis Aragon)

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre
Et les vêpres pour les aveux
Comme la grive pour être ivre
Le printemps pour être amoureux
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux

Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux
Au joli mois des primevères
Où pleurer même est merveilleux
Tu courais des chansons aux lèvres
Aimé du Diable et du Bon Dieu
Toi qui avais des bras des rêves
Le sang rapide et soleilleux

Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu
La douceur de l'eau dans ta bouche
De l'or pour rien dans tes cheveux
Qu'as-tu fait de ta bouche rouge
Des baisers pour le jour qu'il pleut
Ma folle ma belle et ma douce
Qui avais la beauté du feu

Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds
Autour de ceux-là qui s'embrassent
Sans le voir tourner autour d'eux
Il marque leur front d'un sarcasme
Il éteint leurs yeux lumineux
Le temps qui passe passe passe
Avec sa corde fait des nœuds

Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Le monde l'est lui pour y vivre
Et tout le reste est de l'hébreu
Vos lois vos règles et vos bibles
Et la charrue avant les bœufs
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux

Paroles: Louis Aragon (Elsa.)
Musique: Marc Lebel

Bonne Saint-Valentin moi-même

Je suis la seule personnne que j'aime
Mais ce n'est pas vraiment mon choix
L'amour ça ne va pas de soi
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je me suis offert un chrysanthème
C'est ce que je préfère comme fleur
Un petit chocolat en cœur
Bonne Saint-Valentin moi-même

Mon cœur est dans un bas de laine
Comme un trésor non réclamé
Il n'a personne d'autre à aimer
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je ne m'en fais pas un problème
La vie ne me fait pas tourment
L'amour viendra un bon moment
Bonne Saint-Valentin moi-même

Je passe déjà la quarantaine
Y a eu personne sur mon chemin
Personne pour me tendre la main
Bonne Saint-Valentin moi-même

J'n'ai pas une face de mi carême
Mais pas Apollon pour autant
Plus laids que moi aiment pourtant
Bonne Saint-Valentin moi-même

À vrai dire mon regret suprême
C'est que je n'aurai pas d'enfants
Qui nous attachent et qu'on défend
Bonne Saint-Valentin moi-même

Et je vois passer les semaines
Gardant toujours un peu d'espoir
Que tombera sur moi le hazard
Bonne Saint-Valentin moi-même

Surtout pas «À l'année prochaine»
Pas besoin d'un autre «rendons-nous»
Mais quelqu'un qui dirait tout doux
Bonne Saint-Valentin je t'aime

Marins et capitaines

Oh, combien de marins combien de capitaines
Quand il fait méchant temps vont s'ancrer à taverne
C'est là qu'on les retrouvent à jamais enfouis
Pour aller boire d'un coup leur petite fortune
Dans des verres sans fond faisant fi de Neptune
Et ils boivent et reboivent dans une soif inouïe

On dirait que les pauvres ont leur tête perdue
Certains marchent de travers d'autres sont étendus
Ils traitent comme frères de sombres inconnus
Leur parlant de bateaux de haut-fonds et de grèves
Et ils parlent de la mer comme on parle de rêves
Jamais de ceux hélas qui ne sont pas revenus

Et ils reboivent encore mais restent éveillés
L'alcool n'ayant pas de fer y pourront pas rouiller
Certains on tellement bu qu'ils sont rendus tout verts
Mais tout grisés qu'ils sont parlent encore d'aventures
Des putains d'Amsterdam et de leurs vergetures
Ou de celles de Bankok qui restent au Diable Vauvert

Aucun d'eux n'avouera qu'il est un infertile
On se demande parfois en amour que font-ils(e)
Tous ces marins bravard que font-ils dans le lit
Quand ils sont dessaoulés ont-ils encore mémoire
Ont-ils la verge heureuse ou bien broie-t-elle du noir(e)
Dans ces soirs de grand vent aucun d'eux ne l'a dit

Nous sommes ces marins sombrés dans la nuit noire
Nous sommes ces fêtards des raconteurs d'histoires
Les unes vous font pleurer les autres rire à genoux
Vous vous les racontez vous voulant vous marrer
Mais par delà les rires nos voies désespérées
Iront-elles jusqu'au ciel iront-elles jusqu'à vous

dimanche 12 janvier 1992

Le gaz naturel

Oh ma chérie c'est quand tu pètes que je t'aime
Car tes gaz sont pour moi un vrai poême
Sons et parfums tournent dans l'air du soir
S'évaporant ainsi qu'un encensoir

Elles seront toujours pour moi une énigme
Ces femmes qui n'ont que des borborygmes
J'aime tes pets parce qu'ils sortent tristes et beaux
Plus beaux plus tristes que tous les vers de Rimbaud

Certains frémissent comme un cœur qu'on afflige
D'autres provoquent un langoureux vertige
Les plus légers s'envolent comme des ballons
Et les plus lourds produisent un bruit de canon

De nos repas tes pets recueillent tout vestige
Pour nous offrir des p'tits bonheurs qui voltigent
Venus j'ne sais d'où d'un néant vaste et noir
Ou lumineux tout comme un ostensoir

Si ma chanson est un peu polissonne
C'est que tes pets toujours en moi résonnent
Il faut bien peu pour faire vibrer un cœur tendre
Et malheur à qui ne peut les entendre

Malheur aussi à qui ne peut les sentir
Et celui-là peut aller se repentir
Qu'il batte sa coulpe et en demande pardon
Car sans odeur comment jouir sous l'édredon

Chérie d'amour mon lapin mon trésor
J'aime tes yeux ta bouche et plus encor
Ce que j'aime de toi ma biche ma tourterelle
Ce sont tes gaz, tes gaz bien naturels.

jeudi 12 décembre 1991

Accordéon

Blanche et noire et vaine coule bien ma peine
Les notes défilent doucement entre mes doigts
Blanche et noire et vaine, passe ma semaine
C’est un chant d’amour mais pas un hymne à la joie

Quand la lune est pleine, c’est bien ma déveine
Pas une seule fille ne se faulile entre mes bras
Serait-elle vilaine nulle ne s’enchaîne
À mon cou, à mon cœur, à ma vie et à moi

Blanche et noire et vaine telle est ma rengaine
Et je la ventile de soir en soir à la coda
Que coule la Seine des Rimbaud Verlaine
Le rideau tombé laquelle me dira oui da

À perte d’haleine, plainte de sirène
Ma voix s’égosille ô cruelle java
Qu’à cela ne tienne malgré mes fredaines
Mon accordéon me sourit me tend les bras

Alors il s’enchaîne contre ma bedaine
Jaloux imbécile comme un tigre ne dit-on pas?
Consoler ma peine blanche et noire et vaine
C’est ce qu’il voudrait, le malheureux ne peut pas

Qui sera la reine douce souveraine
Qui viendra des Iles me délivrer de mon karma
Que le vent m’amène cette joie soudaine
Avant qu’en syncope je ne glisse dans le coma

Blanche et noire et vaine coule bien ma peine ...


© Marc Lebel, 1992. Socan.

mardi 12 novembre 1991

Ma p'tite chanson

Quand le printemps bourgeonne
Quand l'hirondelle revient
Quand l'hiver monotone
Reprend son petit chemin

Quand les filles sont belles
Toutes à croquer
Et quand mon sexe bêle
Dans son intimité...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois fleuri
Nous irons pour nous conter fleurette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois fleuri

Et quand l'été arrive
Sur la pointe des pieds
Quand il dore la rive
En suivant la marée

Quand les filles sont belles
Dans leur petite tenue
Et quand mon sexe bêle
Au diable la vertu...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois charmant
Nous irons jouer sous l'épinette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois charmant

Quand l'automne colore
Montagnes et forêts
C'est la saison encore
D'être tout guilleret

Quand les filles sont belles
Comme fruits défendus
Et quand mon sexe bêle
D'être tout morfondu...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois flétri
Nous irons tirer la bobinette
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois flétri

Quand l'hiver monotone
Nous refroidit les sangs
Et quand mon cœur frissonne
Au verglas frémissant

Quand les filles sont belles
Toutes emmitoufflées
Et quand mon sexe bêle
D'être tant essoufflé...
C'est la saison
De ma p'tite chanson

Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois tout blanc
Nous irons réchauffer nos binettes
Nous irons au bois ma mignonnette
Nous irons au bois tout blanc

Les inopportuns

Sitôt qu'ils sont sortis du berceau ces petits
Cons sont donc inopportuns
Leur existence même nous cause des problèmes
Y penser c'en est un

Du seul fait d'être vivants ils se croient importants
Plus que nous tous réunis
S'ils faisaient leur bonheur à nous planter des fleurs
On les trouverait gentils

Hélas ils sont crétins ici mon masculin
Est, il se doit, épicène
Ils volent notre temps en veulent à notre argent
Mais ne valent pas cinq cennes

Un de ces attributs nous croise dans la rue
Et nous voilà pris au piège
Dès qu'on leur ouvre la porte que le diable les emporte
Ils nous collent au siège

Troubler la quiétude, c'est de leur habitudes
C'est leur modus vivendi
Voyez pour ces gens-là, home sweet home c'est chinois
Sans relâche pardi

On n'a rien demandé, et v'là qu'ils font sonner
Notre pauvre téléphone
«Madame est-elle là?», comme elle n'y est pas
Eh bien c'est nous leur homme

«Bonjour, vous allez bien?» demandent ces crétins
Fanatiques du combiné
Bientôt ils vous tutoient, ne laissant pas le choix
De raccrocher au nez

Voilà que ça se complique, car un autre rapplique
Pour vous offrir une aubaine
Et si on en veut pas, Il nous fait tout un plat
Les yeux remplis de haine

Se croit-on libéré, parce qu'on l'a viré
Répondant du tac au tac
D'autres plus astucieux, d'autres plus malicieux
Colportent leur publi-sac

Alors de ce fléau,qui nous cause tant de maux
Quelle serait la solution?
J'en ai une pour ma part, dont je vais vous faire part
Qui frôle la perfection

Je vous le dis franchement, j'suis pour l'avortement
Tout-à-fait libre et gratuit
Avec ce correctif, qu'il soit rétroactif
Libre et gratuit aussi.

samedi 12 octobre 1991

Une fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre

Tous les rosa rosa rosæ
Qu'on nous apprend à décliner
Ne vaut-il pas mieux les compter
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Les corps plongés dans un liquide
L'état gazeux, l'état solide
Ne nous rendent jamais morbides
À la fenêtre

Les pays et les capitales
L'exportation des céréales
Sont des nuages qui dévalent
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre





Le prof peut être sympathique
Comprendre les mathématiques
C'est pas toujours automatique
À la fenêtre

Parfois on peut tomber des nues
En résolvant des inconnues
Qu'on voit passer toute ingénues
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

L'accord du participe passé
C'est le piéton qu'on a loupé
De ne pas avoir le nez collé
À la fenêtre

Tout ce qu'on veut nous infliger
Peut quelque fois nous déranger
Ah, comme la neige a neigé
À la fenêtre

Le vrai bonheur de l'écolier
N'est pas de noircir ses cahiers
Mais en tout temps de profiter
D'une fenêtre, d'une fenêtre

Pas de kaki

Je suis de ceux qui cheminent
Loin des sentiers battus
Je suis bien on le devine
Un petit peu reclus

Quand la foule manifeste
Je suis un de ceux qui restent
À l'écart
Préférant d'ailleurs au reste
Arriver doucement modeste
En retard

Refrain:

Je ne suis pas de ceux
Que l'on met comme des œufs
Dans un même et pauvre
Petit panier
Mais je suis de ceux qui
On horreur du kaki
Et y a pas un gars qui
Peut le nier

J'aime mieux garder silence
Que de crier haro
Ne pas entrer dans la danse
De qui jouent les héros

Ah vraiment oui je préfère
Mille et une fois me taire
Dans mon coin
Que d'être au pas militaire
Avec ceux qui déblatèrent
Des coin-coin





On dit que je suis timide
Et c'est peut-être vrai
Je mets de l'eau dans mon liquide
Seulement quand ça me plaît

Mais quand la foule en liesse
Veut de moi dans son ivresse
Halte-là
Même avec impolitesse
Je refuse ces largesses
Et voilà

Au refrain

Certains on besoin des autres
Pour avoir d'l'agrément
Etre suivi de douze apôtres
Ne me plaît pas tellement

Car ce n'est plus un mystère
Et Jésus n'a su le taire
Sur la croix
Nos plus grands bonheurs sur terre
Sont des bonheurs solitaires
Je le crois

N'étant pas un pince-fesse
Qu'on ne compte pas sur moi
Au carnaval des duchesses
Pour causer quelqu'émoi

Me tenant loin des parades
Évitant les mascarades
Je m'en vais
Me sentir le cœur en rade
Et vider seul ma razade
En secret

Au refrain

Peut me chaut la solitude
Si elle est bien à moi
Elle vaut la multitude
Que l'on ne choisi pas

Laissant ceux qui vont à Rome
Je suivrai mon p'tit bonhomme
De chemin
En allant piquer des pommes
Au grand verger que l'on nomme
Le destin

Paroles et musique Marc Lebel

Les bancs

C'est sur les bancs d'école
Que j'ai connu Nicole
Elle me prêtait sa colle
Moi je rêvais de ses yeux de luciole

Refrain

Les rêves sans trêve
Nous mènent et malmènent
Vers des horizons
Qui n'ont pas de fond
Mes rêves de jeunesse
Ne sont que prouesses
Fantasmes et lubies
Pauvres fantaisies

C'est sur les bancs d'église
Que j'ai connu Denise
À travers sa chemise
Je rêvais de folles entreprises

C'est sur les bancs publics
Que j'ai connu Monique
Elle était fille publique
Moi je rêvais qu'elle était pudique

Au refrain

Sur les bancs de toilette
J'ai rencontré Yvette
N'eut été de ses bobettes
J'eus rêvé de lui conter fleurette




Sur les bancs d'autobus
J'ai connu des Vénus
Qui ne valaient pas plus
Que mes rêves dans les abribus

Au refrain

Sur les bancs du collège
Y avait une Blanche-Neige
Dans ses cours de solfège
Je rêvais de faire des sacrilèges

Sur les bancs de Terre-Neuve
À l'autre bout du fleuve
Faut-il que ça émeuve
J'ai rêvé de Catherine Deneuve

Au refrain

Paroles et musique Marc Lebel

dimanche 12 mai 1991

Quand meurt l'un

Refrain

On est tous peu ou prou déçu 
Quand meurt l'un qui n'aurait pas du
La vie ça ne vaut pas le cul           
Quand meurt l'un qui n'aurait pas du

Y a tant de fieffés imbéciles
Qui mènent la vie bien facile
Et crac, au mauvais moment
Meurt l'un qui avait du talent.

Y a tant de vieux et tant de vieilles
Qui pour la délivrance veillent
Et crac, vient la maladie
Meurt l'une qui pétait de vie.

au refrain






C'est à tout âge qu'on est mortel
La mort doit nous être naturel(le)
Et crac, au jardin d'enfants
Elle va faucher un innocent.

L'amour nous mène au mariage
Plus loin parfois et c'est dommage
Car crac, se produit le drame
L'homme tue ses enfants, sa femme.

au refrain

Quand un président s'illumine
Il a bonne bouille et grande mine
Et crac, il s'en va-t-en guerre
Et l'on remplit les cimetières.

Chacun de nous aura son heure
Y en a-t-il une qui soit meilleure
Car crac, on fait un faux pas
Et on passe de vie à trépas.

au refrain

      Paroles et musique:  ©Marc Lebel

vendredi 12 avril 1991

Auprès de ma blonde

Refrain

Quand je dors auprès de ma blonde      
Où il fait bon, fait bon,fait bon dormir
Des fois mon esprit vagabonde
Et je ne peux le retenir
Des fois mon esprit vagabonde
Et je ne peux le retenir

Est-elle une petite fille
Rêvant d'amours et de merveilles
À qui je fais lune qui brille
Au baldaquin de son sommeil

Est-elle dame de mes pensées
Pour qui j'ai tant souffert d'attendre
Et que je laisse traverser
Doucement ma carte du tendre



Est-elle princesse au donjon
Prisonnière de son propre père
Que je délivre pour de bon
Et nous courons dans les fougères

  Au refrain

Est-elle guerrière au repos
Assoupie nue parmi les aulnes
Que je viens border d'oripeaux
O la dormante amazone



Est-elle amante ou bien maitresse
Assouvie après tant d'amour
Que je recouvre de caresses
Et redécouvre ses contours

Est-elle muse qui inspire
Au poète ses plus beaux recueils
Dans son sommeil je vais écrire
Toute la nuit sans fermer l'œil . . .

Au refrain
     Paroles et musique:  ©Marc Lebel

mercredi 12 décembre 1990

Valparaiso

C'était un gars de l'Abitibi
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Qui avait un drôle de zizi
En forme de goulot, Oh, Oh, Oh
Que faisait-il quand il était chaud
Ah, le câlisse, pas achalé
Il pensait qu'il était le plus gros
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il voulait avec son prépuce
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Se taper toutes les Vénus
Comme dans les films pornos Oh, Oh, Oh
Il pensait même faire un vidéo
Ah, le câlisse, pas achalé
Dans lequel il serait le héros
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il se présente dans un bar
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Il avait le regard hagar
Cet espèce de salaud Oh, Oh, Oh
En deux secondes vide le Cinzano
Ah, le câlisse, pas achalé
Il a tout bu comme de l'eau
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Il demande à voir la patronne
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
D'une voix qui sent le fond de tonne
Pas une voix d'alto Oh, Oh, Oh
Il dit «madame, j'ai besoin de peau»
Ah, le câlisse, pas achalé
«J'ai besoin de me mettre au chaud»
Ah, le câlisse, le coït et Oh



-«Va au bordel y a de belles filles»
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Fit la patronne mince comme une quille
D'un regard de couteau Oh, Oh, Oh
Mais son Popol était déjà haut
Ah, le câlisse, pas achalé
Qu'il l'exiba avec couilles en duo
Ah, le câlisse, le coït et Oh

La patronne éclata de rire
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
«C'est donc ça qui te fait souffrir
Qui excite ta libido Ho, Ho, Ho»
D'un geste vif elle saisit le goulot
Ah, le câlisse, pas achalé
Lui mit un bouchon et comme il faut
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Le gars surpris ne bougea plus
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Que pour détendre son membre dru
Devenu rigolo Oh, Oh, Oh
Tout en souhaitant pas le revoir de sitôt
Ah, le câlisse, pas achalé
La patronne l'ensevelit de gros mots
Ah, le câlisse, le coït et Oh

C'est la technique du bouchon
Vidant la bouteille, vidant la bouteille
Dont on parle encore dans les salons
De taï-chi de judo Oh, Oh, Oh
Mesdames si un crétin insiste trop
Ah, le câlisse, pas achalé
Vite un bouchon en coup de marteau
Ah, le câlisse, le coït et Oh

Le trou de cul

C'était un petit fonctionnaire
À la mine patibulaire
Qui faisait bien son boulôt
Il était d'humeur égale
Un brave type et jovial
Bon compagnon de bureau

Tout le monde le connaissait
Et jamais il n'élevait
La voix le ton pour protester
Toujours avec le sourire
Il savait affronter le pire
En saint homme plein de bonté

Un jour le p'tit fonctionnaire
Eut bien mal à son derrière
Et consultat le médecin
Ce dernier d'un air étrange
Lui raconta en subtance
Après bien des examens

«Monsieur je serai clair et net
On dirait qu'une épinette
Vous obstrue le postérieur
Mais sans trace d'hémorroïde
Ce n'est plus moi qui décide
Allez vous faire voir ailleurs.»

Alors le p'tit fonctionnaire
Regarda dans l'annuaire
Son mal allant de mal en pis
Il découvrit cette annonce
Docteur Laseringue, Alphonse
Pour anus-o-thérapie

On lui fixe un rendez-vous
Ça lui tente peu ou prou
N'en pouvant plus de souffrir
Il se présente à l'heure dite
La mine basse et déconfite
«Faites quelque chose pour me guérir»

Voilà le p'tit fonctionnaire
Étendu face contre terre
Prêt à tout bien malgré lui
C'est l'heure de la vérité
Et on l'entend suinter
Des Je vous salue Marie

Avec une seringue grosse comme ça
Qu'il enfonce des deux bras
Dans l'intime orifice
Le docteur dit en souriant
Je n'en ai plus pour bien longtemps
Je mets fin à votre supplice

Et du petit fonctionnaire
Qui devint rouge de colère
Il extirpa vous savez quoi?
Des frustrations et refoulements
Accumulés au fil des ans
Selon l'expression que voilà

Je l'ai dans l'cul, dans l'cul, dans l'cul
Mon patron je l'ai dans l'cul
Ses réunions j'les ai dans l'cul
Sa paperasse je l'ai dans l'cul
Mon travail je l'ai dans l'cul,
Je ne suis qu'un pauvre trou de cul

Clairs de lune

Je t'offre tous les grands soleils
Qui te font monts et merveilles
Mais je garde les clairs de lune
Pour t'aimer ma brune

Je ne crains pas l'insolation
Mais je préfère les rayons
Argentés du clair de lune
Pour t'aimer ma brune

En pleine clarté du jour
Il me semble que c'est toujours
Nos amours aux clairs de lune
Quand on s'aime ma brune

Même sous le coup du midi
La joie en mon cœur resplendit
Tout comme un croissant de lune
Car je t'aime ma brune

Des fois quand ma chandelle est morte
C'est toi qui m'ouvres la porte
C'est toujours « Au clair de la lune »
Quand on s'aime ma brune

C'est toujours « Au clair de la lune »
Quand on s'aime ma brune

Paroles et musique: ©Marc Lebel

lundi 12 février 1990

Ma vieille maîtresse

O ma vieille maîtresse
Des mille et une nuits
Reviens, dénoue tes tresses
Au mitan de mon lit
Redis-nous l'amour et ses mystères
Nous referons le monde et ses chimères
Viens, ma belle maîtresse
Du temps qui va et fuit

Nos amours de jeunesse
N'étaient pas à l'abri
À la moindre détresse
Déjà c'était fini
Tout ce qu'il m'aura fallu de patience
Pour que tu cèdes un jour à ma romance
Tu étais comme caresse
Du vent qui va et fuit


Premiers instants d'ivresse
Premiers sanglots aussi
L'amour fait des promesses
Paroles qui volent et fuient
Mais quand nos pleurs se mêlent à nos «je t'aime»
N'est-ce pas le plus beau des poèmes
"Vous êtes, princesse"
Plus belle que la nuit
Ma vieille maîtresse Paroles et musique: Marc Lebel

Un jour le temps nous presse
Et voilà qu'on oublie
Nos plus tendres tendresses
Nos si ferventes nuits
C'est lorsqu' on doit les vivre au jour le jour
Qu'elles perdent tout leur éclat, nos amours
Ce qu'on croyait richesse
Peu à peu se ternit


Au risque de maladresse
Il faut que ce soit dit
Si j'ai eu des faiblesses
Jamais ne t'ai trahie
Quand d'autres bras ont enlacé mon cou
Mon cœur toujours a su tenir le coup
Ce soir je le confesse
C'est toi ma seule amie

O ma vieille maîtresse
Des mille et une nuits
Reviens, dénoue tes tresses
Au mitan de mon lit
Redis-nous l'amour et ses mystères
Nous referons le monde et ses chimères
Viens, ma belle maîtresse
Du temps qui va et fuit

Paroles et musique: Marc Lebel